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Crise: Les Français ne veulent pas vivre à crédit
2014-02-17    

ETUDE - Malgré un budget serré, en 2013 les ménages n'ont jamais été si peu nombreux à recourir au crédit pour financer leurs projets...

Du jamais vu en 25 ans: en novembre, seuls 47,6% des Français détenaient un crédit (à la consommation et/ou immobilier), un taux plancher inédit depuis la création en 1989 de l’Observatoire de crédit aux ménages par la Fédération bancaire française (FBF). «A titre de comparaison, l’année record de 2001, ce taux atteignaient 52,9% soient plus de 1,3 million de ménages détenteurs de crédit supplémentaires», soulignait ainsi ce mardi Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris Ouest et rapporteur des 26 vagues de l’Observatoire.

Prudence

En réalité, c’est avant tout la chute du recours aux crédits à la consommation qui tire les statistiques vers le bas: leur taux de détention a chuté de 1,2 point sur un an pour atteindre son niveau le plus bas en 25 ans (26,6%), alors que celui des crédit immobilier a limité la baisse à -0,4 point (à 31%), grâce à une amorce de reprise des souscriptions en 2013.

Pour Michel Mouillart cette désaffection s’explique en partie par la nouvelle réglementation de la loi Lagarde encadrant notamment le recours au crédit rechargeable. Mais pas seulement. «Ce fort recul révèle surtout une adaptation du comportement des consommateurs en période de crise qui font preuve de plus de prudence», souligne l’économiste.

«Logique de désendettement»

Face à sentiment de forte détérioration de leur situation financière (49,7% la jugeant nettement ou un peu dégradée par rapport à 2012), les Français préfèrent renoncer à leur projet de consommation les moins pressants (loisirs, vacances) plutôt que de courir le risque d’un dérapage financier incontrôlé. Résultat: en novembre 2013, 93,6% des crédits à la consommation ont servi à financer la réalisation de projets d’équipement (voiture ou moto, bien d’équipement ou travaux d’amélioration du logement), contre 92,4% en 2009.

Et même pour financer ces projets durables, les Français préfèrent désormais piocher dans leurs économies plutôt que de s’endetter. Malgré un pouvoir d’achat sous pression, le taux d’épargne des ménages (part du revenu non consommé) reste ainsi parmi les plus élevés d’Europe (15.6% en 2013 contre 16% en 2012). Mais loin de servir à spéculer (le taux de placement financier a chuté de 10% en 2011 à 5,6% en 2013), ce pécule est avant tout utilisé pour réduire leurs dettes. «La part de l’épargne consacrée aux remboursements par anticipation des crédits existants ou le patrimoine financier mobilisé pour moins recourir au crédit dans les opérations immobilières dans l’ancien en se constituant un apport personnel sont beaucoup plus importants qu’avant la crise », note Cyril Blesson, du cabinet de conseil en économie PAIR dont Les Cahiers de l’Epargne viennent de consacrer une note à ce sujet. «En fait, les ménages ont basculé dans une logique de désendettement ! » estime-t-il.

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